SCOTT DELANCEY

Scott DeLancey est professeur émérite de linguistique à l'Université d'Oregon. Il est spécialiste des langues tibéto-birmanes, en particulier celles du nord-est de l'Inde, du Myanmar et du Népal, et travaille également sur les langues autochtones d'Amérique du Nord, en particulier le klamath. Il a également publié de nombreux articles sur des sujets de typologie linguistique liés à son travail descriptif et historique. Il a beaucoup travaillé avec des tribus amérindiennes de l'Oregon au sein de projets de revitalisation linguistique, et il a participé à des projets de maintien de la langue dans des communautés minoritaires du nord-est de l'Inde.

Le professeur DeLancey a obtenu son doctorat en 1980 à l'Université de l'Indiana. Il a ensuite enseigné pendant deux ans à l'Université du Colorado avant d'être recruté par l'Université de l'Oregon, où il a enseigné jusqu'à sa retraite en 2018. Il a exercé plusieurs mandats en tant que chef du département de linguistique. À l'Université d'Oregon, il a joué un rôle central dans la création du Northwest Indian Language Institute (NILI), qui offre une formation et un soutien à l'enseignement des langues minoritaires et à leur maintien au sein des tribus autochtones à travers les États-Unis.

Le professeur DeLancey a animé des ateliers et des formations dans le monde entier, notamment à l'Université d'Assam, l'Australian National University, l'Université de Gauhati, l'Université de LaTrobe, l'Université de Manipur, l'Université de Mizoram, l'Université  de Nankai, l'Université Rajiv Gandhi, l'Université de Tezpur, l'Université de Berne, l'Université Lyon II et l'Université d'Uppsala. Depuis 2006, il travaille dans le nord-est de l'Inde avec des linguistes locaux pour promouvoir la documentation et la description des plus de 150 langues "tribales" de la région; il travaille actuellement avec des collègues de l'Université de Gauhati et de l'Institut central de technologie de Kokrajhar sur une grammaire de la langue Bodo d'Assam. http://bit.ly/ilara-DeLancey

NICHOLAS EVANS

Nicholas (Nick) Evans est Distinguished Professor of Linguistics, et dirige le Centre of Excellence for the Dynamics of Language (CoEDL) de l'ARC, ainsi que l'Evolution of Cultural Diversity Initiative (ECDI) à l'Australian National University. 

Durant quatre décennies, il a mené un vaste travail de terrain sur les langues autochtones d'Australie et de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Avec comme résultat des grammaires du kayardild (Mouton de Gruyter 1995) et du bininj gun-wok (Pacific Linguistics 2003), et des dictionnaires du kayardild et du dalabon ainsi que du nen (langue papouasienne). Les défis extraordinaires posés par ces langues aux idées reçues concernant le fonctionnement du langage ont inspiré son influent article de 2009, The Myth of Language Universals, publié dans Behavioral and Brain Sciences (avec Stephen Levinson).

Parmi les livres qu'il a édités ou co-édités, on trouve notamment Archaeology and Linguistics: Global Perspectives on Ancient Australia (1997, avec Pat McConvell), The non-Pama-Nyungan languages of northern Australia: comparative studies of the continent’s most linguistically complex region (2003), Catching language: the standing challenge of grammar-writing (2006, avec Felix Ameka et Alan Dench), Reciprocals and Semantic Typology (2011, avec Alice Gaby, Stephen Levinson & Asifa Majid), Insubordination (2014, avec Honore Watanabe) et The Oxford Guide to Polysynthesis (2017), avec Michael Fortescue et Marianne Mithun). 

Il a également publié plus de 200 articles scientifiques. Son livre à destination du grand public, Dying Words: Endangered Languages and What They Have to Tell Us, (Ces mots qui meurent: les langues menacées et ce qu'elles ont à nous dire) a été traduit en français, japonais, coréen, and allemand. 

Plus largement, ce qui le passionne est le jeu entre la diversité des langues en danger du monde, et les nombreuses questions scientifiques et générales auxquelles elles peuvent nous aider à répondre, que ce soit dans le domaine de l’histoire, de la culture, de l’esprit, ou de la société. Il a également travaillé dans le domaine des Revendications de Titres Autochtones (Native Title Claims), en tant qu'interprète d'art autochtone, et en tant que traducteur de littérature orale autochtone.

Le professor Evans est membre de l'Australian Academy of the Humanities, l'Australian Social Sciences Academy, il est membre correspondant de la British Academy, et lauréat du prix Anneliese Maier Forschungspreis, et du prix Ken Hale Award de la Linguistic Society of America. http://bit.ly/ilara-NickEvans

FELIX AMEKA

Felix K. Ameka est un linguiste spécialisé en cognition socioculturelle, qui travaille à l'intersection de la grammaire, du sens, et de la culture. Son expertise empirique porte sur les langues d'Afrique de l'Ouest. Il travaille au Centre universitaire de linguistique de Leyde (LUCL), aux Pays-Bas, où il est titulaire de la chaire CIPSH / CIPL sur la vitalité et la diversité ethnolinguistiques dans le monde. Son travail pionnier sur la sémantique interculturelle et ses liens de recherche de longue date avec les universités australiennes, l'ont fait élire membre correspondant de l'Australian Academy of Humanities (FAHA) en 2019. Plus tôt, en 2015, il avait été élu membre de l'Académie des arts et des sciences du Ghana (FGA).

Après un premier cycle à l'Université du Ghana, Legon, Ameka a obtenu sa maîtrise (1986) et son doctorat en 1991 à l'Australian National University, avec une thèse portant sur les aspects sémantiques, fonctionnels et pragmatiques de la grammaire de l'ewe. Ameka a contribué de manière fondamentale à l'étude interlinguistique des interjections, en éditant un numéro spécial très influent sur "cette partie universelle mais négligée du discours".

Ameka a mené une recherche pionnière sur l'interaction entre grammaire, culture et structure sociale, en utilisant le cadre de la Métalangue Sémantique Naturelle (Natural Semantic Metalanguage) pour élucider scénarios culturels et ressources interactionnelles. Associé de recherche de longue date à l'Institut Max Planck de Psycholinguistique, il a conduit un projet comparatif à grande échelle portant sur la sémantique des prédicats locatifs, et a contribué à des travaux inter-linguistiques sur l'expression du mouvement. Avec Alan Dench et Nick Evans, il a co-édité une collection influente sur l'art d'écrire des grammaires. L'un de ses projets actuels est une documentation de terrain collaborative des langues gbe et des langues des montagnes du Ghana-Togo, dans leurs écologies multilingues, en utilisant des méthodes ethnographiques et expérimentales. Avec Deborah Hill, il co-édite un volume sur la langue, la linguistique et la pratique du développement.

Ameka est rédacteur en chef du Journal of African Languages ​​and Linguistics avec Azeb Amha. Depuis 2015, Ameka est président du Congrès mondial de linguistique africaine (WOCAL) et de l'Association néerlandaise des études africaines (NVAS). Il siège également au Conseil exécutif de la West African Linguistics Society (WALS).

http://bit.ly/ilara-FelixAmeka

BERNARD COMRIE

Bernard Comrie a étudié les langues modernes et médiévales et la linguistique à l'Université de Cambridge, où il a obtenu son doctorat en 1972. Il a enseigné à l'Université de Cambridge et à l'Université de Californie du Sud puis a été directeur du Département de linguistique de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutive de Leipzig (MPI-EVA).

Il est actuellement Distinguished Professor de linguistique à l'Université de Californie à Santa Barbara. Il est membre de l'Academia Europaea, membre correspondant de l'Académie britannique des sciences, membre correspondant de l'Académie saxonne des sciences, membre étranger de l'Académie néerlandaise des arts et des sciences et membre étranger de l'Académie russe des sciences.

Les principaux intérêts du professeur Comrie sont les universaux linguistiques et la typologie des langues, la linguistique historique, la linguistique de terrain, avec un intérêt aréal particulier pour les langues du Caucase, de la Nouvelle Guinée et des Îles Andaman. 

Ses travaux typologiques portent notamment sur l'analyse comparative des systèmes de temps-aspect, des constructions causatives, des propositions relatives, des nominalisations, des systèmes de traçage de la référence, des constructions ditransitives, des classes de valence et des systèmes numériques.

Il s'intéresse particulièrement à l'utilisation de preuves provenant de différentes disciplines, en particulier la linguistique, la génétique et l'archéologie, afin d'aborder des questions liées aux migrations et aux contacts humains préhistoriques.

BRUNA FRANCHETTO

Bruna Franchetto est professeure au Département de linguistique et au Département d'anthropologie (Musée national) de l'Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), où elle a obtenu son doctorat en anthropologie sociale en 1986. Depuis 1977, sa recherche en linguistique et en ethnologie s'est concentrée sur la description, la documentation et l'analyse du Kuikuro, une variété caribe du Haut-Xingu, parlée dans le sud de l'Amazonie, ainsi que sur les traditions orales et les arts verbaux.

Elle a archivé une vaste documentation sur le Kuikuro, hébergée par le programme DoBeS (Max Planck Institute for Psycholinguistics) et à la Documentation of Indigenous Languages ​​and Cultures Archive (FUNAI / Museu do Índio / Rio de Janeiro). Au Museu do Índio, elle coordonne le ProDoclin (Programme de documentation des langues autochtones) depuis 2009. Ses publications sur le Kuikuro et les autres variétés caribes du Haut-Xingu comprennent des articles et des chapitres de livres sur la phonologie, la morphologie, la syntaxe et les arts verbaux.

Elle s'intéresse plus largement à la description, l'analyse et la documentation des langues minoritaires, en particulier les langues amérindiennes, ainsi qu'à la traduction, la genèse et l'impact de l'écriture et de l'alphabétisation sur les langues maternelles, le multilinguisme, les politiques et idéologies linguistiques, la relation entre langue et musique dans les chansons et la parole chantée, les arts verbaux, la revitalisation linguistique. Elle coordonne, avec l'anthropologue Carlos Fausto, le Projet Documenta Kuikuro (DKK), en collaboration avec l'Association autochtone des Kuikuro (AIKAX) et le Collectif des cinéastes de Kuikuro (CKC).

MARIANNE MITHUN

Marianne Mithun est professeure de linguistique à l'Université de Californie à Santa Barbara. Elle est fascinée par tout ce que nous pouvons apprendre sur les caractéristiques des langues, et ce qui les rend telles qu'elles sont.

Selon elle, certaines des découvertes les plus surprenantes se font en documentant les langues telles qu'elles sont utilisées spontanément par leurs locuteurs, dans des contextes naturels et à des fins diverses, et en considérant chaque domaine structurel (phonétique, phonologie, prosodie, morphologie, syntaxe, discours) en lien avec les autres, ainsi que dans leurs contextes diachroniques et aréaux.

Son propre travail s'est concentré en particulier sur le mohawk, le cayuga et le tuscarora (iroquoien); le pomo central (pomoen); le chumash barbareño (chumashan); le yup'ik d'Alaska (eskimo-aleut); le navajo (athabaskan); et le kapampangan (austronésien); ainsi que sur le cree (algonquien), le dakota / lakhota, le tutelo (siouan) et le selayarese (austronésien). Elle est l'auteure de plus de 200 publications, dont l'ouvrage de référence The Languages of Native North America. Pendant toute sa carrière, elle a collaboré intensément avec les communautés autochtones d'Amérique du Nord, participant à leur travail de documentation et de revitalisation de leurs langues. 

Elle est présidente de la Linguistic Society of America et ancienne présidente de la Societas Linguistica Europeae, de l'Association for Linguistic Typology et de la Society for Linguistic Anthropology. Elle a été élue à l'Academia Europeae et a reçu la médaille Wilbur Cross de l'Université de Yale, la Médaille du Collège de France et des doctorats honorifiques de l'Université La Trobe de Melbourne (Australie) et de l'Université d'Oslo.

NICK THIEBERGER

Nick Thieberger est soucieux de sécuriser le matériel linguistique et le rendre réutilisable à la fois pour les locuteurs de la langue et pour les chercheurs actuels et à venir. Il a créé le Pilbara Aboriginal Language Centre en 1988, puis a rejoint l'Institut australien d'études sur les aborigènes et les insulaires du détroit de Torres pour créer les Archives de Données Electroniques des Etudes Autochtones en 1991. Il a travaillé au Centre culturel de Vanuatu au milieu des années 1990, puis a écrit une grammaire du Nafsan d'Efate pour sa thèse de doctorat à la fin des années 1990. Ce faisant, il a développé une méthode pour créer et explorer un corpus de médias linguistiques permettant à tous les exemples d'être cités et insérés à partir des enregistrements originaux. Cela l'a conduit à travailler au sein d'une équipe dont l'objectif était de créer une archive numérique, l'Archive Numérique Pacifique et Régionale des Cultures menacées (PARADISEC). Il a créé l’archive Kaipuleohoneat à l’Université d’Hawaï en 2008. Il s'intéresse aux méthodes de recherche numérique et à leur potentiel pour améliorer la pratique de la recherche, et développe des méthodes de création d'ensembles de données réutilisables à partir de travaux de terrain sur des langues auparavant non enregistrées. Il est l'éditeur de la revue Language Documentation & Conservation. Il a enseigné au Département de linguistique de l'Université d'Hawaï à Mānoa et est maintenant professeur associé à la School of Languages ​​and Linguistics de l'Université de Melbourne. http://nthieberger.net

STEPHEN HOUSTON

Stephen Houston est Dupee Family Professor de sciences sociales à l'Université Brown, où il est également titulaire d'un poste en anthropologie.

Spécialiste de la civilisation maya classique, des systèmes d'écriture et de la représentation autochtone, Houston est l'auteur de nombreux livres et articles, dont, récemment, Temple of the Night Sun (Precolumbia Mesoweb Press), The Maya (avec Michael Coe, à présent dans sa 9e édition), The Life Within: Classic Maya and the Matter of Permanence (Yale University Press), lauréat d'un prix PROSE en 2014, The Gifted Passage: Young Men in Classic Maya Art and Text (Yale University Press) et An Inconstant Landscape: The Maya Kingdom of El Zotz, Guatemala, co-édité avec Thomas Garrison (University Press of Colorado).

Houston a reçu un prix MacArthur «génie», ainsi que des bourses et des subventions de la Fondation Guggenheim, de la National Science Foundation, de Dumbarton Oaks, du Clark Art Institute, du National Endowment for the Humanities et du Center for Advanced Study in the Visual Arts, National Gallery of Art. En 2018-2019, il a occupé la première Chaire Kislak pour l'étude de l'histoire et des cultures des Amériques Anciennes à la Bibliothèque du Congrès. En reconnaissance de ses travaux d'érudition, le président du Guatemala lui a décerné, en 2011, la Grand-Croix de l'Ordre du Quetzal, la plus haute distinction de ce pays. Pour ces mêmes travaux, Houston a reçu en 2013 le prix Tatiana Proskouriakoff du Peabody Museum de l'Université Harvard.